les voies de la communisation ne sont pas impénétrables (avril 2015)

écrit par André Dréan

pdf: Woland Final A4

Grèce : de la lutte des classes à la lutte pour les places *

Les voies de la communisation ne sont pas impénétrables

 

Dans la deuxième quinzaine de mars, le cercle révolutionnaire grec « TPTG » annonçait que Woland, de son vrai nom Manousos Manousakis, l’un des principaux rédacteurs de la revue communisatrice « Sic » et membre, jusqu’à récemment, de « Blaumachen », groupe grec de même obédience, participait à l’actuel gouvernement Syriza, à titre de secrétaire général du ministère de l’Économie, des Infrastructures, des Affaires maritimes et du Tourisme. Les lecteurs peuvent prendre connaissance de l’affaire dans le texte rédigé par « TPTG », « Postcript to “Syriza and its victory in recent general elections in Greece” », disponible, entre autres, sur le site « Dialectical Delinquents ». Face au scandale [voir Minister of Sic], la première réaction, et la plus rassurante pour les aficionados de la communisation, est de dire que l’accession de Woland au sommet de l’État est sans doute due à des motivations personnelles plus ou moins troubles, jusqu’alors imprévisibles.

 

Bien entendu, les motifs individuels les plus divers peuvent jouer leur rôle lorsque de tels phénomènes de domiciliation dans les étages supérieurs de l’appareil d’État apparaissent. Reste à comprendre pourquoi les réseaux et les cercles de la communisation accueillent de pareilles vipères en leur sein, y compris au sein de la rédaction de « Sic », qui était censée représenter au moins leurs conceptions communes initiales, au-delà des frontières étatiques. Je rappelle que de tels réseaux et cercles, à commencer par « Théorie communiste », étaient présentés encore récemment comme les plus révolutionnaires et les plus innovateurs du monde, en ce qui concerne la critique du capital et de l’État. Et loués pour leur capacité présumée à débroussailler les pistes permettant d’entamer la transformation révolutionnaire de la société. Le processus de communisation, dans leur patois. Dans « Réflexions sur la communisation », j’avais commencé à analyser en quoi consistaient leurs prétendues avancées théoriques et pratiques. Je vais donc repartir de là pour montrer comment l’idéologie communisatrice a pu couvrir et faciliter l’ascension de l’un de ses ténors vers le sommet du pouvoir étatique.

 

Revenons déjà sur le rôle joué par « Théorie communiste ». La revue procure, particulièrement en France depuis quelques années, l’essentiel de ce qui constitue la boîte à idées, pour reprendre la métaphore de la boîte à outils, du microcosme communisateur. Comme leur nom collectif l’indique, l’activité des membres du cercle fondateur consiste essentiellement à formuler ce qu’ils pensent sous forme de « théorie ». Par suite, leur « pratique » fut toujours réduite à la portion congrue, même dans des situations plus favorables que celle que nous subissons aujourd’hui. Mais lorsque des individus prennent l’habitude de ne pas se confronter au monde réel, de se désintéresser des confrontations qui apparaissent à leur insu, parfois presque sous leur nez, leurs pensées finissent par tourner en rond dans la camisole de force de l’idéologie. « Théorie communiste » a d’ailleurs fini par « théoriser » là-dessus aussi. Elle reprend à son compte pas mal d’idées du philosophe marxiste-léniniste et structuraliste Althusser, y compris celle de « pratique théorique ».

            Plus largement, c’est l’ensemble des thèses de « Théorie communiste » qui pose de sacrés problèmes. Pendant des décennies, nos adeptes de la « pratique théorique » furent imperméables, indifférents, voire hostiles à presque toutes les idées, les conceptions, les luttes, etc., qui avaient surgi dans la foulée de Mai 68 et qui outrepassaient le cadre rigide de leur grille de lecture formatée par le marxiste orthodoxe. Particulièrement lorsqu’elles touchaient à l’un des piliers de leur doctrine, à savoir la prétendue contradiction entre « les forces productives » et les « rapports de production », et le rôle révolutionnaire qu’ils attribuaient aux prolétaires de la grande industrie, porteurs privilégiés de la communisation aux couleurs de l’industrialisme et, mine de rien, également de l’étatisme. Pour la simple raison qu’il n’y a pas de grande industrie sans État. C’est leur doxa qui explique en grande partie leur hostilité passée aux oppositions contre le nucléaire, y compris à leurs fractions révolutionnaires. Alors que le nucléaire relève, en France plus qu’ailleurs en Europe, de la raison d’État. C’est elle qui explique encore leur hostilité récente aux oppositions aux biotechnologies. Ainsi, dans leur numéro 17, l’auteur de « A propos de Riesel », sous prétexte de rejeter le réductionnisme de « L’Encyclopédie des nuisances », crache en bloc sur elles. Sans même tenir compte des critiques déjà faites audit réductionnisme, au sein même de ces oppositions, telles qu’elles furent présentées, entre autres par moi, dans « La société industrielle, mythe ou réalité ». L’auteur se réjouie même de la disparition des derniers paysans parcellaires, assimilés sans la moindre nuance à des adeptes de la contre-révolution, tels que Marx les présentait, de façon caricaturale, à l’époque du « Manifeste communiste ». C’est l’apologie du rouleau compresseur capitaliste, piloté par la Commission européenne, l’État hexagonal et les agrairiens, que « Théorie communiste » nous présente ici sous les couleurs de la communisation.

 

Je l’avais déjà signalé dans « Réflexions », au grand dam des communisateurs : leurs prétendues critiques ne dépassent pas, en règle générale, la conception marxiste orthodoxe de l’État, héritée du technocratisme saint-simonien : la disparition des classes et de l’État signifie que le « gouvernement des hommes » cède, de façon progressive, en relation avec le processus d’industrialisation du monde, la place à « l’administration des choses », des « choses » créées et distribuées presque sans limites, sans lesquelles le monde du capital ne serait pas dépassable. En d’autres termes, chassé par la porte, l’État rentre par la fenêtre sous la forme de l’appareil d’administration et de coercition des « hommes » traités comme des « choses », au nom de la discipline et de la hiérarchie à maintenir pour continuer à faire tourner la grande industrie. Ce qu’Engels exprima avec sa brutalité coutumière dans des thèses dirigées contre Bakounine.

            Or, dans la mesure où nos communisateurs font, en général, l’impasse sur de telles questions essentielles, leur notion de « mesures communisatrices » destinées, à leurs dires, à entamer la destruction du capital et de l’État, rappelle fort la conception qui présida à la formulation des « mesures » prises par l’État transitoire, préconisées dans le « Manifeste » par Marx, puis par Lénine dans « L’État et la révolution ». J’ai été traité de calomniateur pour avoir osé l’écrire. Pourtant, le numéro 24 de « Théorie communiste », postérieur à « Réflexions », confirme ce que je pensais alors. Dans « Le moment révolutionnaire comme conjoncture » l’auteur, après avoir conseillé de lire Lénine, affirme : « La dictature du mouvement social de communisation est ce processus global d’intégration de l’humanité au prolétariat. La stricte délimitation du prolétariat par rapport aux autres couches, sa lutte contre toute production marchande sont en même temps un processus qui contraint les couches de la petite bourgeoisie salariée, de la “classe de l’encadrement social”, à rejoindre la classe communisatrice, elle est donc définition, exclusion et, en même temps, démarcation et ouverture, effacement des frontières et dépérissement des classes et de la distinction de genres. Les mesures communistes sont la réalité du mouvement où le prolétariat se définit dans la pratique comme le mouvement de constitution de la communauté humaine. »

            Rien ne manque dans le passage cité. Pas même l’idée que la transformation en question, sous la houlette des prolétaires, va contraindre des classes et couches intermédiaires à le rejoindre et à partager ses objectifs. Nous le savons depuis au moins la destruction de la révolution russe effectuée par le pouvoir bolchevik : de telles formules déterministes justifient la coercition que le parti prolétarien exerce sur les individus qui n’acceptent pas ses ordres, y compris lorsque les individus en question sont des prolétaires révoltés. C’est de violence de type étatique qu’il est question ici, même si le terme d’État prolétarien n’apparaît plus dans le lexique des communisateurs. Nous sommes aux antipodes de l’idée de violence insurrectionnelle, portée par les damnés de la Terre qui tentent de se libérer du joug du capital et de l’État.

 

Consultable depuis près de trois ans sur le principal site dédié à la communisation, « DNDF », l’article n’a suscité, à ma connaissance, que des commentaires mineurs. Rien sur la question de l’État. Mais nous évoluons ici sur le terrain favori des ténors de la communisation. Celui du recyclage au niveau du langage qui permet que rien d’essentiel ne soit remis en cause. Grâce à des artifices déjà employés par les gestionnaires de la parole officielle ou créés pour l’occasion. Grâce à la prolifération de termes dont le sens est difficile à cerner et qui peuvent recouvrir n’importe quoi, ou presque. Et satisfaire à bon compte les dernières générations de communisateurs, en général issues, en France, des oppositions lycéennes et étudiantes, à la recherche de quelque kit dans le magasin du prêt à penser. Je dis cela sans mépris. Bref, à tenter de suivre le processus sans fin d’interprétation, de réinterprétation, voire de surinterprétation, censé tenir compte des objections et des multiples desiderata, les lecteurs perdent le sens de l’orientation, croient avancer alors qu’ils font du surplace. L’innovation langagière au pouvoir, en quelque sorte, sur le mode de l’inflation qui sert en réalité à neutraliser les critiques et à faire rentrer dans le cadre préétabli des questions jusqu’alors négligées, telles que celle des genres. C’est l’une des grandes impostures des maîtres à penser de l’Université hexagonale depuis longtemps, partagée par le dénommé Althusser, qui imprègne en profondeur les penseurs de la communisation et qui impressionne les naïfs, dans l’Hexagone et ailleurs. Elle donne en quelque sorte de l’élasticité à leur doxa qui ne peut pas demeurer aussi rigide qu’autrefois sous peine de casser.

 

Pour en revenir à la question du pouvoir, l’État transitoire, nommé dans le passé dictature du prolétariat pour faire référence au rôle révolutionnaire attribué de celui-ci, a déjà été réalisé à titre de dictature du parti prolétarien. Après quelques décennies d’expériences cliniques in vivo à travers la planète, il n’est plus présentable. De toute façon, l’idée même de dictature du parti politique unique n’est plus vraiment adaptée aux modifications que connaît le capitalisme actuel : telles que l’organisation en réseaux sociaux et politiques, formels et informels. Le terme obsolète disparaît donc du dictionnaire officiel de nos néo-marxistes pour être remplacé par celui de « dictature du mouvement social de la communisation ». En réalité, « Théorie communiste » appelle à constituer quelque pouvoir hiérarchique, que nous pourrions nommer dictature des communisateurs, au nom de leur prétendue capacité à représenter l’ensemble de l’évolution historique, présentée comme contraignante. La revue reprend à son compte la formule scientiste de Marx du « Manifeste », déjà citée dans « Réflexions » : « Les conclusions théoriques des communistes ne sont que l’expression des conditions réelles (…) du mouvement pratique qui se déroule sous nos yeux. » Terrible objectivisme, hérité de la science newtonienne et du rationalisme hégélien, qui rejette dans les limbes comme autant de délires subjectifs toutes les prises de position, individuelles et collectives, qui n’entrent pas dans le cadre universaliste préconçu, lequel justifie l’autoritarisme. L’État n’est plus très loin. Nous pouvons même dire que les individus qui fonctionnent ainsi, sans le moindre recul, acceptent déjà, de facto, « la pensée de l’État », dans la foulée de Hegel lui-même. Bien sûr, pas sous l’uniforme du junker prussien, mais sous les diverses dégaines de l’universalité prolétarienne impalpable, inventée par « Théorie communiste ». Des communisateurs de ma connaissance ne sont d’ailleurs pas vraiment hostiles à de telles perspectives dictatoriales. A priori peu réalisables à notre époque. Alors, à défaut, pourquoi ne pas déjà chercher à accéder à des postes au sommet des États nations, dans des gouvernements à la Syriza ? L’installation de Woland dans les étages supérieurs de la hiérarchie sociale et étatique paraît, à première vue, incompréhensible, la conséquence de quelque coup de folie même. En fait, « il y a de la logique dans cette folie ». C’est la logique de l’actuelle idéologie communisatrice.

 

C’est la même logique qui permet aux communisateurs de refouler les angoissantes contradictions qui apparaissent dans leurs milieux. En théorie comme en pratique. En pratique, cela signifie aussi, en termes de relations et d’activités quotidiennes, que les antagonismes restent cachés ou, pour le moins, qu’ils sont considérés comme annexes. Les antagonismes entre les individus, et entre les images avantageuses que tels ou tels individus présentent d’eux-mêmes, en particulier à travers les jeux d’écriture, et ce qu’ils sont dans la réalité profane. Ici, la confusion est de rigueur. Elle est générale au point que même les communisateurs qui sont situés en bas de l’échelle sociale et politique soulèvent rarement de telles questions. Surtout lorsqu’elles concernent les leaders qui les fascinent par leur capacité d’écriture. Bref, dans le micromonde de la communisation règne, en grande partie, la bonne vieille schizophrénie politique. La même schizophrénie qui fut combattue en France, contre le militantisme traditionnel du dimanche, à partir de Mai 68. Elle est reproduite ici sous le prétexte qu’il ne faut pas tomber dans le type d’alternativisme aujourd’hui à la mode, pas plus que dans le moralisme de type inquisitoire. Dans le monde actuel marqué par l’utilitarisme et le cynisme, de telles attitudes régressives des communisateurs font le lit de l’arrivisme politique.

            Bien entendu, la vie des individus, même celle des individus qui aspirent à la révolution, est faite de contradictions. Bien sûr, ceux-ci ne peuvent pas se libérer seuls de la totalité de ce qui les accable. Selon la belle formule de Bakounine : « Ma liberté est mienne, mais elle dépend aussi de celle des autres. » Néanmoins, comme le signalait Malatesta contre les phraseurs de son propre « parti », les individus qui « n’essayent même pas de réaliser, partiellement, leurs aspirations anarchistes dans leur propre vie » ne sont que des révolutionnaires en papier. Au point d’entretenir n’importe quelles relations, d’accepter n’importe quels travaux, etc. Y compris des positions et des rôles dans la hiérarchie sociale et étatique. En ce qui me concerne et sans faire de ma vie le modèle à suivre, j’ai tenté depuis des décennies de réduire au mieux la « distance » entre mes aspirations et ce que je réalise, même au quotidien. Or, dans le milieu communisateur, il existe beaucoup de complaisance là-dessus.

 

Dès le premier numéro de « Sic », les rédacteurs affirmaient que la communisation nécessite la fin de la séparation entre vie privée et vie publique. Noble intention mais qui est régulièrement contredite, toujours au nom du refus de l’alternativisme. Ainsi, je me rappelle des réunions dans la région parisienne il y a plus de dix ans, auxquelles assistaient des ténors de « Théorie communiste ». En substance, ils affirmaient que « tant qu’il n’y aura pas de mouvement révolutionnaire massif, les révolutionnaires sont condamnés à vivre normalement ». Or, premièrement, parmi les révolutionnaires présumés, il y a des individus qui, vu leur parcours et leur situation, ne peuvent pas vivre, ou plus vivre, « normalement ». Deuxièmement, il y en a qui ne veulent pas vivre « normalement ». Sans compter ceux et celles qui, au cours de leur vie, combinent les deux situations. Avec de telles conceptions sur la « normalité », il est inévitable que des communisateurs considèrent comme « normal » de faire carrière dans des conseils d’administration de sociétés, dans des comités de gestion d’universités et d’autres organismes d’État, à titre de conseillers, de managers, etc. Dans l’indifférence générale, ou presque, de leur propre milieu communisateur. Au point d’accéder, lorsque l’occasion se présente, au sommet de l’État.

            Drury, membre de « Aufheben », l’un des principaux cercles ultra-gauches en Grande-Bretagne, fut, pendant des années, sociologue, y compris pour la police dans le domaine de la gestion des foules. Pas mal de ses proches le savaient mais ne disaient rien. Ensuite, bon nombre de personnes, même des libertaires à la mode Libcom, tentèrent d’étouffer l’affaire et d’écarter les gêneurs, à commencer par « TPTG », sans hésiter à censurer leurs textes. Woland, membre de longue date du groupe ultra-gauche « Blaumachen », en Grèce, fut l’un des principaux rédacteurs de « Sic », y compris dans le dernier numéro, daté de février 2014. Il a obtenu son strapontin sous-ministériel dans le gouvernement Tsipras en mars 2015 ! Treize mois après ! A mon avis, il était déjà suffisamment introduit dans les cercles proches des conseils d’administration et du pouvoir pour être nommé secrétaire général dans l’un des principaux ministères chapeautés par Tsipras, directeur pour la Grèce de la Banque de la Mer noire, et gouverneur remplaçant de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement, chargée de financer, entre autres sales besognes, la « réhabilitation » de la zone irradiée de Tchernobyl. Personne n’accède à de telles fonctions du jour au lendemain. Les coups de baguette magique qui transforment illico des citrouilles en carrosses n’existent pas dans le monde du capital et de l’État. Comment expliquer alors le silence des communisateurs, à commencer par ceux de « Blaumachen ». L’indifférence, la veule complicité… Je ne tranche pas encore ici. Mais, bientôt, nous en saurons plus.

 

Par contre, « Théorie communiste » a déjà tranché. La revue prend prétexte de quelques erreurs factuelles, concernant l’organisation de réunions sur la Grèce à Lyon et à Marseille, contenues dans l’article « The Minister of Sic », disponible sur « Dialectical Delinquents » pour tenter de noyer le poisson. Sur « DNDF », j’ai pu lire : « Manos/Woland a fait un choix qui n’est pas le nôtre, ni celui de “Sic”, ni celui de “Blaumachen”, ni celui des organisateurs de ces réunions. Depuis, il ne participe plus à aucun de ces groupes, revues ou collectifs (…) Pour le reste, s’il plaît à quelques “Délinquants de la dialectique” ou “Enfants du paradis” de trouver dans la théorie de la communisation ou pire dans les “abstractions élitistes” de “Théorie Communiste” l’origine du devenir sous-ministériel ou bancaire de Manos/Woland, libre à eux. » Circuler, il n’y a rien à voir, ni rien sur quoi réfléchir ! Remarquons déjà le ton mesuré utilisé pour parler de l’infamie de Woland : « Le choix » ! Puis, le ton haineux habituel de la chefferie, réservé ici à ceux et à celles qui osent rompre la loi du silence. Pourtant, sa posture impérative révèle surtout sa peur panique que des individus, y compris peut-être dans son entourage, prennent conscience des origines et de l’ampleur du désastre. Elle est brutalement passée à la trappe, la tendance de la chefferie à soliloquer et à polémiquer à l’infini, en boucle, sur l’évolution du monde, des classes, de l’État, des groupes, etc. Manifestement, ses analyses générales concernent le monde, à l’exception de son petit monde. Par suite, l’affaire Woland relèverait de la responsabilité exclusive du personnage, passé en quelques semaines à peine du statut de rédacteur apprécié de « Sic », à côte de Roland Simon lui-même, au rôle de Manousakis le sous-ministre infréquentable. La chefferie nous prend, à commencer par l’ami anglais rédacteur de « The Minister of Sic », pour des crétins. Au contraire, l’affaire Woland constitue la partie visible de l’iceberg de la communisation. Loin de relever seulement de l’arrivisme de l’individu mis en cause, elle révèle surtout la faillite de tels milieux et groupes aux prétentions sans commune mesure avec ce qu’ils sont dans la prosaïque réalité. Elle montre aussi qu’ils ne sont pas réformables. Dans le proche avenir, je ne sais pas quelles seront les prises de position des personnes qui, à des degrés divers, rament dans la galère communisatrice. Par expérience, je ne suis pas porté à l’optimisme. Les individus préfèrent souvent fermer les yeux face à des phénomènes aussi désagréables que l’affaire Woland. Sinon, ils devraient remettre en cause leur propres illusions, leurs propres relations, etc. C’est pourtant à ce prix qu’ils peuvent s’affirmer, par eux-mêmes et pour eux-mêmes.

 

Pour finir, bien que je ne sois pas toujours d’accord avec les analyses de « TPTG », en particulier celles concernant l’économie, trop marquées parfois à mon goût par le marxisme, je tiens ici à leur renouveler mon soutien, comme je l’ai fait au moment de l’affaire Drury. Les connaissant depuis longtemps, je sais qu’ils ne sont pas animés, dans leurs critiques, par quelque esprit de revanche, et qu’ils font passer, pour reprendre la vieille formule, les « intérêts généraux » de la révolution avant les « intérêts particuliers » des coteries politiques.

 

André Dréan

Avril 2015

 

Post-scriptum. La version en anglais est en cours de réalisation et sera diffusée bientôt.

 

Pour correspondre : nuee93@free.fr

 

*    Calembour que je dois à l’un de mes proches amis, anarchiste espagnol.

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10 Responses to les voies de la communisation ne sont pas impénétrables (avril 2015)
  1. FFF says:

    Ce texte, c’est de la vraie merde ! Le discours de ce personnage qui a traversé quasiment tout le spectre des courants politiques dites révolutionnaires, farci de bêtises et faussetés, est entièrement dicté par l’acrimonie e l’animosité. Je répète : c’est de la merde !

  2. J’ai reçu celui-ci de FFF:

    “Ce texte, c’est de la vraie merde ! Le discours de ce personnage qui a traversé quasiment tout le spectre des courants politiques dites révolutionnaires, farci de bêtises et faussetés, est entièrement dicté par l’acrimonie e l’animosité. Je répète : c’est de la merde !”

    Parce qu’il/elle ne donne pas aucunes raisons, aucuns arguments, pour le dire je ne laisse pas ce “commentaire” de passer directement sur ce site (si je laisse un commentaire de ce person il faut que je laisse tous ou supprime chaque poste individuellement et je ne veux pas le risquer). Ce qu’il/elle dit est que des “bêtises … entièrement dicté par l’acrimonie e l’animosité.”

  3. FFF says:

    Où sont-ils, les “arguments” et les “raisons” de M. Dréan ? C’est pas possible d’argumenter contre l’absence absolue d’arguments ! Sans considérer que la falsification systématique des positions de ses adversaires, c’est une technique typiquement stalinienne. Il suffirait de lire quelques textes de TC, de SIC ou d’autres publications “communisatrices” pour constater que l’article de M. Dréan est simplement de la merde !

  4. FFF says:

    Et si ce n’est pas de l’animosité, c’est de la paranoïa “anti-marxiste”… La dictature du mouvement communisateur n’est pas le fait d’un pouvoir centralisé ou étatique géré par un parti politique, mais c’est le fait d’un ensemble chaotique – qui cependant n’est pas dépourvu de sa propre logique interne – de pratiques (“mesures”) qui abolissent la valeur, le salariat, l’État, les classes et le prolétariat lui-même, et qui sont nécessairement violentes et “autoritaires” par rapport à ses ennemis et même par rapport aux conflits qui surgiront à l’intérieur du prolétariat lui-même entre ses différentes fractions.

  5. FFF says:

    « Depuis plusieurs mois, Woland présentait constamment ses positions précédentes comme obsolètes, affirmant que «tout cela est fini» et que «rien ne compte plus depuis que ce cycle de luttes ne mène nulle part », évitant de discuter des conséquences que sa «nouvelle» approche réservait à l’ancienne. Bien que la relation de chacun d’entre nous avec la théorie de la communisation de TC soit différente, nous n’avons jamais exclu la possibilité d’une telle discussion; non seulement sur le plan théorique, mais aussi face à la « syrization » rapide du mouvement contestataire. Woland, en utilisant les points «aveugles» de la théorie de la communisation qu’il avait en tête, a fini de transformer la théorie en éthique individuelle, dans une justification de ses propres choix. » (Lettre d’Athènes, http://dndf.org/?p=14188#more-14188)

  6. FFF says:

    Ne sont-ils assez les arguments? Ou est-ce que vous vous donnez des airs de libertaires anti-censure, uniquement quand ça vous convient?

  7. Patlotch says:

    LIVRE-FORUM : critique de la totalité capitaliste et perspective révolutionnaire
    http://communisation.forumactif.org/

    pour une compréhension de la dynamique articulée de ce plan, voir objectifs : pourquoi ce plan, ces catégories ? Ressources documentaires
    http://communisation.forumactif.org/t34-objectifs-pourquoi-ce-livre-forum-ce-plan-ces-categories-ressources-documentaires

    – objectifs, définitions de la communisation et principes de discussions

    – définitions de la communisation, plusieurs approches : en-commun et différences :
    ruptures théorique, communiste et décolonialiste pour la communisation
    – objectifs : pourquoi ce plan, ces catégories ? Ressources documentaires…
    – vers une reformulation théorique de la perspective communiste révolutionnaire
    – principes pour les discussions

    – ACTUALITÉS : commentaires et critiques : une trentaine de sujets en relation avec les runriques du forum

    – LUTTES ACTUELLES et THÉORIES : stratégie politique ? intervention ? organisation ?
    subjectivation révolutionnaire : une Manifeste révolutionnaire ?

    – stratégies d’interventions pour la communisation… théories et luttes révolutionnaires…
    – l’Intervention : un pas en avant, deux pas en arrière ? l’importance du “dépassement à produire’
    – un retour du programmatisme ? et les néo-trotskistes libertaires, Alain Bihr, Corcuff… : Anarchisme d’État ?
    – la nébuleuse anti-système entre extrême-droite et ultra-gauche
    – critique de l’autogestion et de l’autonomie
    – pour une intervention communiste, théorique et dans les luttes, sans attendre une « période révolutionnaire » : l’impossible Manifeste
    – émeutes 2005, 10 ans après, contre les violences policières… L’idéologie française, suite (Riot, Police)
    – critique de l’intervention par Théorie Communiste 2010
    – “Que faire en période non-révolutionnaire ?” troploin ‘Le Tout sur le tout’ 2010
    – “L’intervention et le courant communisateur” BL SummerMeeting 2008

    – CLASSES et CAPITAL : comme ‘économie politique’, pas de capitalisme sans EXPLOITATION du prolétariat

    – Prolétariat : je t’aime, un peu, beaucoup… à la folie… pas du tout ?
    – l’exploitation capitaliste, c’est aussi la pauvreté et la richesse qu’elle produit (some in English)
    – les robots contre l’emploi ?
    – économie politique, quand tu nous tiens : et la crise ?
    – de la ou des “classes moyennes”, prolétarisation, trans-classisme…
    – économies parallèles, mafias, États “corrompus”… encore le capitalisme
    – “le précariat définit le salariat” : Seuls 25% de tous les travailleurs du monde ont un emploi stable
    – implication réciproque : Théorie de la régulation, ou de la collaboration des classes ?
    – ‘structure à dominante’, conjoncture… idéologie et théorie… (Althusser, Stuart Hall…)
    – ruptures dans “la société capitaliste”, crise et réactions antisociales, antisociétales, contre-culture…

    – ÉTAT, POLICE, ARMÉE… MÉDIAS = DOMINATIONS des populations :> fascisme ?
    Critique de la démocratie et de la politique

    combattre l’État, c’est combattre le capital, et réciproquement…

    – implosion du paradigme politique gauche/droite ? décomposition institutionnelle ?
    – critique de la démocratie, de la démocratie politique et de la politique
    – “État, géopolitique et capitalisme : entamer le débat sur l’impérialisme en France” (some in English)
    – guerres, «nos» armées et les autres… Guerre pour l’économie… guerres idéologiques, etc. (some in English)
    – un moment “anti-impérialiste” en Afrique ? et l’Amérique Latine ?
    – militarisation de la police et contrôle des populations
    – la grande imposture de la lutte antiterroriste, et autres textes
    – the Ends of the State / L’État et la stratégie de la révolution. Rountable 2014
    – la théorie de la communisation et la question du fascisme, Cherry Angiona 2012

    – FEMMES et CLASSES : pas de révolution sans ABOLIR la DOMINATION MASCULINE => auto-organisation des femmes…

    – féminisme et communisation, Florence Chatterley janvier 2015
    – luttes des femmes… auto-organisation ?
    – dans le monde, un genre dominé
    – féminisme, marxisme, communisme… Révolution !
    – féminisme décolonial, genre et colonialité (some in English)
    – Féminisme et marxisme, Genre et Capitalisme, avec Cinzia Arruzza… Limites de théories réductrices ou totalisantes
    – Madame domestique : enquête en France
    – femmes des quartiers populaires contre les discriminations…
    – le site INCENDO, beaucoup de genre, un manque de classe : un coup de la sorcière ?

    – CLASSES et IDENTITÉS (‘RACES’, RELIGIONS, NATIONS, PARTIS…) : comment dépasser les divisions ?

    – nationalisme et populisme interlope de gauche à droite extrêmes
    – “antisémitisme” vs “philosémitisme”, racisme vs antiracisme, et “nous” ? Les points sur les i
    – la ‘race’ dans les rapports de classe, racisme structurel, racisme d’État… débats
    – sur « la religion, opium du peuple », athéisme, communismes et religions, idéologie…
    – repenser le racisme et l’antiracisme, dépasser la racialisation et abolir le racialisme
    – l’auto-organisation des luttes contre la racialisation
    – l’anarchisme est-il soluble dans le racisme ? Et la communisation ?
    – Organizing and Identity: Intersections, Eviscerations and Individuality
    – Prolétariat et Classes, Peuples et Nations
    – contre les fragmentations d’un potentiel sujet révolutionnaire, pour la subjectivation révolutionnaire, œuvrer à la transversalité de l’activité des communistes

    – INDIVIDUS face au Capital, à l’État, dans l’idéologie = ALIÉNATION => l’individualité vers la communisation

    – l’individu au-delà de l’individualisme => “Je est des autres” discussions
    – “l’individualisme révolutionnaire”, et autres serpents à sornettes
    – pour et par les individus 2011-2012 et autres textes depuis 2004 Patlotch
    – individuation et/ou subjectivation révolutionnaire : “La Théorie et son échec dans l’intervention socialiste” Yohann Sparfell avril 2015
    – “l’individu chez Marx” Noun de Los Cobos 1997-98, “Marx philosophe de l’intersubjectivité”, Jad Hatem 2002
    – Claude Guillon, un cadavre : l’anarchisme communautariste et l’identité non dépassable ? Yves Coleman : Patlotch raciste…

    – l’HUMAIN’ et la ‘NATURE’ : ÉCOLOGIE COMMUNISTE ? destruction de la vie ou communauté du vivant ?

    – “La nature n’existe pas” Paul Guillibert
    – l’humain, un rapport intrinsèque à la nature à créer
    – agriculture, paysans et capitalisme
    – divers désastres écologiques du colonialisme et du capitalisme
    – l’écologie révolutionnaire, ça n’existe pas ? Jean Zin…
    – ‘L’empire extractiviste. Vols, dette illégitime, malnutrition… accaparement de terres, luttes…
    – l’écosocialisme entre théories révolutionnaires et alternative capitalisme verte
    – Marx écologiste ?… le marxisme actuel a abandonné le “productivisme”…

    – DÉCOLONIALITÉ pour des COMMUNISMES TRANSFRONTIÈRES UNIVERS-DIVERSELS (some in English)

    – décolonialité (et communisation) : introduction, définitions, textes
    – décolonialité, vue des ‘marxismes’ et ‘anarchismes’ dogmatiques… et la ‘communisation’ ?
    – contre l’antiracisme universaliste prolétarien, avec le PIR, parti des Indigènes, en ses limites
    – l’auto-organisation des luttes décoloniales, féministes et contre la racialisation
    – un projet communiste universel diversel, transfrontière et transmoderne

    – RÉVOLUTION de la POÉTIQUE et POÉTIQUE de la RÉVOLUTION ajout du 25 juin 2015

    – un renversement poétique et révolutionnaire, avec Guy Debord… et Patlotch
    – les poèmes comme œuvres-sujets performatrices (Meschonnic) / poétique de la relation (Édouard Glissant)
    – de l’œuvre-sujet en art : collages, peintures, photographies…
    – du Jazz comme histoire-matrice de la critique radicale décoloniale et de l’improvisation collective en situation
    – improvisation collective et luttes pour la communisation (du jazz comme matrice…)

    – TEXTES à DISCUTER les vôtres ou d’autres, et DÉBATS DIVERS tous les textes ne figurent pas ici, voir la rubrique…

    – communisation 2015 : texte de rupture/ouverture théorique, communiste et décoloniale – Patlotch
    – bonnes pages et mauvais esprits : littérature indiscutable
    – Les habits neufs de la communisation ? Pourquoi pas un livre ?
    – sur le ‘théoricisme’ : on ne peut réaliser la théorie sans la supprimer
    – le point d’implosion de la théorie de la communisation : la production historique et dialectique du dépassement des identités par les luttes (émeutes…)
    – Communisation et ‘Critique de la Valeur’ : entre ‘vases vides’ et ‘outres gonflées’ par le vent
    – pour ou contre la communisation ? un débat de 2012 et suites… à propos de Woland tombé de Sic en Syrisa
    – transmodernité, pensée-frontalière et colonialité globale : altérités épistémiques et capitalisme global
    – “sclérose du courant communisateur” ? accords et désaccords avec Karl Nesic 2012
    – anarchiste ou communiste ? A-t-on vraiment besoin d’un nom ? Patlotch
    – « le citoyen, l’Autre et l’Etat » R.S. 16 janvier 2015 : un texte important à débattre !
    – La construction étatique d’une hiérarchisation « des racismes » et autres textes de Saïd Bouamama
    – du ‘maximalisme ultragauche’, un dogme du ‘Prolétariat universel’, entre pertinence et aberrations
    – une critique de la communisation par Vosstanie septembre 2011
    – Patlotch : un cadavre ! mise à mort de l’artiste par lui même (sur Guy Debord et la révolution poétique)
    – des livrées et des livres : ya pas photo ? mon œil !

    – LIENS communisation et autres ressources

    – liens ‘communisation’
    – liens ‘féminisme’ dans une perspective révolutionnaire
    – liens décolonialité, critique post-coloniale et subalterne… et marxisme
    – liens ‘écologie radicale’
    – liens ‘ressources’ et sources d’infos diverses

    – PROBLÈMES du forum, propositions, réclamations, insultes…

    – ‘droits’ des invités
    – la vie du forum : qui visite le forum ? comment est-il reçu ? etc.
    – présentation, lisibilité, couleurs…
    – Problèmes ? Suggestions ? Hurlements en faveur de Patlotch ? Insultes ?

  8. Voir aussi:
    La communisation et le Grand bond en arrière
    …la communisation en chine – ici: http://dialectical-delinquents.com/textes-francais/la-communisation-et-le-grand-bond-en-arriere/

  9. Je viens de recevoir par mail, ce réponse a ” Marinus Van De Lubbe” écrit par non-fides:

    Tu parles d’une concurrence de la communisation et de l’anarchisme, mais
    sur quel terrain au juste ? Non, il n’y a pas plus de concurrence avec la
    communisation qu’avec la poésie médiévale ou les collectionneurs de
    maquettes de caravelles…

    C’est quand même fou, ça… Pour répondre à mon accusation de “patriotisme
    théorique” tu me renvois la baballe comme un gamin en me parlant du
    Manifeste des seize… Mais, cher camarade, je conchie le manifeste des
    seize et je conchie une bonne partie du mouvement anarchiste. Justement,
    voila toute la question. L’anarchisme n’est pas un parti qui appartient à
    une intelligentsia qui le défend coute que coute, si c’était le cas, je
    n’en ferais pas partie, justement parce que l’anarchisme a été sali à de
    nombreuses reprises par des ambitieux et des “réalistes”. Après tout
    Woland n’est qu’un nouveau Merlino ou Montseny… Et ces ambitieux et ces
    réalistes ont été critiqués durement et sans retenue par d’autres
    anarchistes. Et je me fous de savoir si Woland et les autres sont tes
    copains ou non, c’est le cadet de mes soucis, et cela n’entre absolument
    pas en ligne de compte.

    J’attends que des communisateurs se soulèvent publiquement contre les
    enflures que nous avons cité précédemment (Woland, Gaulard, Drury et ceux
    qui se cachent encore) plutôt que de défendre les “leurs” par chauvinisme
    partidaire, et là on arrêtera de parler de patriotisme théorique. Quelle
    est la limite pour vous de ce qui ne peut pas se faire ? J’imagine bien
    que tu me trouveras toutes les justifications marxistes/matérialistes pour
    m’expliquer que la cohérence, l’éthique et la sincerité sont des concepts
    ingénus de petit-bourgeois (avant on disait hitlero-trotskistes)… Mais
    bordel, ne reprend pas à ton compte (ton adresse mail) un individu sincère
    et révolté comme Van Der Lubbe… Qui lui était occupé à bien autre chose
    qu’aux débats stériles sur la transversalité théoricienne des cours du
    blé… Et sa boite d’allumette était bien plus subversive que tous les
    livres d’Althusser rassemblés.

    Le jour ou il existera un texte venu des communisateurs contre des
    traitres comme Drury comme il existe chez les anarchistes (mais aussi de
    nombreux autres révolutionnaires, marxistes ou non…) des textes comme
    celui-ci :
    http://www.non-fides.fr/?Autopsie-d-une-vipere-anarchiste contre des
    traitres anarchistes, tes arguments malhonnêtes auront de la valeur. En
    attendant, toi et tes petits copains communisateurs feraient mieux
    d’accepter les critiques en silence, parce qu’être écouté, ça se mérite.

    Il est d’autant plus malhonnête de nous faire cette critique, considérant
    que nous avons perdu un paquet de compagnons anarchistes (et d’amis…)
    suite à des critiques (internes ET publiques) que nous avons fait,
    justement parce que nous refusons les logiques de parti, et que nous
    voyons la critique comme un approfondissement, pas comme une méthode de
    déstabilisation (et si les récepteurs des critiques sont déstabilisés en
    chemin, eh ben tant pis, c’est la vie). Et si tu penses que ce n’est que
    remuer la merde, alors bouchez vous le nez et lavez la merde, et il n’y
    aura plus personne pour la remuer.

    Pour ce qui est des critiques de la communisation sur Non Fides, oui, il y
    a celles d’André Drean que nous trouvons fort intéressantes, comme celle
    de Guillon ou TPTG (infâmes anti-marxistes que nous sommes…), que tu le
    veuille ou non. Mais plus indirectement, tu n’as qu’à lire les textes de
    Bakounine, Stirner, Libertad, Ciancabilla ou Dejacque, qui sans le savoir
    avaient déjà répondu à toutes les questions stériles que vous vous posez
    dans vos revues d’initiés, sauf qu’eux, ne s’adressaient pas à leurs
    petits copains du parti par le biais de “bulletins intérieurs” (vos sites
    et revues), mais étaient (hormis Stirner) de toutes les tentatives et les
    révoltes de leurs temps, loin des universités, des gouvernements et sans
    cravates. Ils avaient très clairement choisis leur camp (quelles que
    soient leurs origines sociales), et ce n’était pas celui de la bourgeoisie
    et de l’Etat, contrairement à Drury, Woland ou Gaulard.

    Alors on lave devant sa porte, ou on la ferme (pas la porte),
    Un anarcho-petit-bourgeois de Non Fides.

    Mes chers « non-intellos » qui citent « Bourevestnik » et qui manifestement
    sont capables de parler au « peuple » et aux « ignorants », vous
    pardonnerez mon français hésitant…
    Si les « arguments plus sérieux » contre la théorie de la communisation
    auxquels vous faites référence, sont ceux contenus dans les textes d
    ‘André
    Dréan, ce sont pas des arguments : ce sont des pures conneries pleines
    de
    « patriotisme » anti-marxiste.
    Mais si cela est le niveau de la discussion, je vais essayer d’être
    délirante comme vous (je suis conscient, ça ne sera pas une mince
    affaire).
    Je pourrais alors vous dire que dès le « Manifeste des Seize » (1916),
    les
    anarchistes sont devenus des amis de l’État, un cancer pro-impérialiste
    à
    l’intérieur du mouvement révolutionnaire.
    Et à propos de la « schizophrénie sociale etc. », qu’est-ce qu’on
    pourrait
    vous répondre ? La plus grande partie des anarchistes que je connais,
    ils
    jouent à simuler l’insurrection et vivent grâce à la carte bancaire de papa
    et maman
    En conclusion, j’ai le suspect que votre haine pour les « communisateurs
    »
    ait une motivation inavouable : vous y voyez un concurrent dangereux qui
    pourrait vous déboulonner de la niche que vous gardez dans le marché des
    idéologies.
    Celui qui vit par l’épée périra par l’épée…Montrer
    considération les enjeux inexistants de la “communisation”. Parler
    d'”immonde” montre d’ailleurs bien à quel point vous êtes en roue
    libre.
    Et il y a tout le reste du site où tu pourras trouver des arguments
    plus
    sérieux contre la communisation et d’autres formes d’antichambres pour
    ambitieux. Ainsi que de nombreuses critiques de cette propension à la
    schizophrénie sociale qui caractérise la plupart des formes
    d’intellectualismes et de gymnastiques théoriciennes stériles. En tout
    cas c’est rare de recevoir un mail de communisateur sans insultes,
    félicitations, bien qu’il semble qu’on ne vous enlèvera jamais cette
    mentalité de caserne et de parti. Toujours ce patriotisme théorique…
    « Vous qui n’avez pas d’instruction ! Détruisez cette culture ignoble
    qui
    divise les hommes en ‘’ignorants’’ et en ‘’instruits’’. On vous laisse
    dans l’obscurité. On détourne votre attention. Profitant des ténèbres
    qu’entretient la culture, on vous a dépouillés. »
    Bourevestnik, 1918.
    Salutations distinguées, tout ça tout ça…
    Et salut à Woland, Drury, Mylène Gaulard et tous les anonymes qui
    demain
    nous géreront.Montrer
    della proprietà, dello Stato, delle classi non sono misure da prendersi
    dopo la vittoria della rivoluzione, ma le sole misure attraverso le
    quali
    la rivoluzione possa trionfare» (Théorie Communiste)*

    On pourrait dire que Woland (ou Drury, Gaulard etc.) est un
    traître, un salaud, on pourrait s’indigner etc. Mais qu’est-ce que ça va
    changer ? Ça empêcherait à d’autres camarades de faire le même choix ? Ou
    hâterait-il la révolution ? Bon, Woland est passé de l’autre côté de la
    barricade. Donc ?

    Donc on le traite comme tel, pardi !
    Et quand tu refuses de payer un ticket de transport, que tu n’appelle pas
    la police pour régler tes conflits, que tu te serre les coudes avec des
    camarades sur ton lieu de travail, ou lorsque tu évite un coup de poing,
    cela hâte-t-il la révolution ? Non plus… Faut il pour autant s’en
    abstenir ?

    Je crois qu’on ne se connait pas, mais ta mauvaise foi me désespère…

    Juste deux mots de commentaire, les derniers.

    C’est clair que tu n’as pas compris ma provocation. C’est-à-dire : le
    « Manifeste des Seize », fut-il une conséquence nécessaire d’un certain
    type
    de théorie ou le fruit d’un choix individuel ? À toi la réponse…

    D’accord ! On pourrait dire que Woland (ou Drury, Gaulard etc.) est un
    traître, un salaud, on pourrait s’indigner etc. Mais qu’est-ce que ça va
    changer ? Ça empêcherait à d’autres camarades de faire le même choix ? Ou
    hâterait-il la révolution ? Bon, Woland est passé de l’autre côté de la
    barricade. Donc ? La théorie de la communisation – que vous manifestement
    connaissez par ouï-dire – n’a rien à faire avec les choix personnels de
    tel
    ou tel individu. Dit en passant, TC a quitté le « projet-SIC » précisément
    en critiquant l’académisme de beaucoup de ses participants (et, bien
    sur, l’activisme
    des autres).

    Sur l’affaire Woland, ces lignes sont donc assez :

    « Depuis plusieurs mois, Woland présentait constamment ses positions
    précédentes comme obsolètes, affirmant que « tout cela est fini » et que
    « rien ne compte plus depuis que ce cycle de luttes ne mène nulle part »,
    évitant de discuter des conséquences que sa « nouvelle » approche
    réservait
    à l’ancienne. Bien que la relation de chacun d’entre nous avec la théorie
    de la communisation de TC soit différente, nous n’avons jamais exclu la
    possibilité d’une telle discussion; non seulement sur le plan théorique,
    mais aussi face à la « syrization » rapide du mouvement contestataire.
    Woland, en utilisant les points « aveugles » de la théorie de la
    communisation qu’il avait en tête, a fini de transformer la théorie en
    éthique individuelle, dans une justification de ses propres choix. »
    (Lettre d’Athènes, http://dndf.org/?p=14188#more-
    < http://dndf.org/?p=14188#more-14188>)

    M.

  10. marinus says:

    Peut-être que cela vous est échappé…

    *A Common Statement on the ‘Wolandgate’*

    A basic strand of communisation theory is a radical opposition to the capitalist state in all its incarnations, and to governments of all stripes.

    Sic has thus nothing to do with government officials.

    A participant in Sic, who had been inactive within the project for approximately a year, recently decided to join a party playing the card of left-keynesianism in 2015, and became a high-ranking cadre in the new Syriza administration in Greece.

    The decision was taken to remove him from the Sic e-mail list, formally ending his association with the project. But it should go without saying that, with his political trajectory, his membership to the project was already de facto impossible.

    Those participating in Sic are partisans of communisation; they share the understanding of the revolution as communisation – i.e. as the dissolution of capitalist social relations and the state.

    To posit this theory as somehow inducing its opposite is a breathtaking feat of dialectical ‘delinquence’. But as we know, anything you publish on the Internet can, and will, be used against you in evidence…

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